“Nous affrontons une crise de projets”, Alain Grizaud, Les Canalisateurs

L’activité des Canalisateurs, comme celle de nombreux secteurs d’activité, a été fortement marquée en 2020 par la crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19. Mais la reprise progressive et le moindre impact du deuxième confinement de l’automne permettent à la profession de finalement mieux s’en sortir que ce qu’Alain Grizaud, président des Canalisateurs, le craignait. Les perspectives pour 2021, loin d’être euphoriques, sont elles aussi un peu meilleures qu’anticipées. Cependant, pour que la relance soit vraiment efficace, il reste encore un point essentiel à régler : mobiliser à nouveau les collectivités locales en faveur de l’investissement, alors que des moyens conséquents sont actuellement mis à leur disposition. Explications avec Alain Grizaud.

 

Batiactu : Comment les Canalisateurs ont traversé cette année 2020 mouvementée ?

 

Alain Grizaud : Elle a été très atypique. Le premier confinement, en mars, a marqué un véritable choc dans notre profession, avec 80% des entreprises à l’arrêt. Le redémarrage a été progressif, et nous estimons qu’à fin mai, presque toutes avaient repris le chemin du travail, bien qu’elles n’aient pas retrouvé à ce moment leur régime de croisière en termes de chiffres d’affaires. La montée en puissance de ce point de vue s’est effectuée dans le courant de l’été, avec un quasi-retour à la normal à la fin du deuxième semestre 2020. Malgré tout, le chiffre d’affaires de nos entreprises sur l’année est impacté, car nous n’avons pas rattrapé le retard perdu entre mars et mai.

 

Batiactu : Savez-vous évaluer cet impact sur le chiffre d’affaires ?

 

A.G. : Nous n’avons pas encore les chiffres consolidés du dernier trimestre 2020, même si nous pensons qu’il ne sera pas trop pénalisant. En effet, nous n’avons pas connu d’intempéries ni d’importantes baisses de l’activité, malgré un mois de décembre tronqué en raison des vacances de Noël. Au global, sur l’année, nous pouvons espérer un recul de l’activité de -5%, -7%. Au second trimestre, la perte a été lourde : -27%. Mais le suivant a permis de compenser en partie puisque l’activité a progressé de 26%. La baisse du chiffre d’affaires sur l’année est principalement liée au redémarrage progressif du secteur, car nous étions loin de la surchauffe avant de retrouver notre régime de croisière.

 

Batiactu : Vous vous étiez inquiété d’un fort recul des appels d’offres après le confinement du printemps, et même encore à la rentrée de septembre. La situation s’est-elle améliorée ?

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