[Dossier Hors-site] #5 – Construction hors-site : Quels impacts sur le secteur et les bureaux de contrôle ?

Alors que le développement de la construction hors-site en France en est à ses prémices, cette méthode constructive si particulière est une opportunité à saisir pour l’ensemble de notre secteur dont les bureaux de contrôle technique. Toutes ces évolutions engendrent un profond changement dans les méthodes de travail… et nécessitent l’engagement de tous les acteurs !

Le secteur  de la construction fait face à plusieurs enjeux exigeant une modernisation des  méthodes de construction traditionnelles :  raréfaction de la main d’œuvre qualifiée, hausse  des litiges et sinistres, allongement des retards  sur les chantiers, coût des constructions toujours plus élevé sans compter les enjeux liés au changement climatique et l’impact  environnemental induit par la construction.

De plus, la crise sanitaire du COVID-19 a mis en lumière de nouvelles fragilités de  l’écosystème du secteur telles que l’interdépendance des entreprises et les frais très  élevés des aléas sur chantiers pour le maître d’ouvrage et in fine l’utilisateur. 

Les bénéfices de la construction hors-site 

Du fait de la fabrication de modules en atelier, la construction hors-site présente de  nombreux avantages en termes de rapidité, qualité, sécurité, conditions de travail et  maîtrise des coûts. Concernant l’aspect environnemental, elle permet entre autres une  meilleure gestion des matériaux, notamment grâce à la démontabilité des éléments et  modules ou leur réutilisation dans un autre lieu et parfois pour un tout autre usage. Les  déchets peuvent être mieux valorisés et réutilisés, tout cela dans un schéma d’économie circulaire et la réduction de l’impact sur l’environnement. 

La construction hors-site révolutionne le secteur et impacte tous les acteurs impliqués dans l’acte de construire, des autorités publiques jusqu’à l’utilisateur final, en passant par les assureurs, les concepteurs et les bureaux de contrôle technique.  Actuellement, le rythme classique d’un bureau de contrôle technique, même s’il intervient  à toutes les phases n’est pas adapté à l’industrialisation. C’est tout un état d’esprit qui  évolue, en passant d’une démarche projet à une démarche produit. 

L’évolution de la mission de contrôle technique 

Le rôle d’un bureau de contrôle technique est de contribuer à la prévention des aléas  techniques dans la réalisation des ouvrages. Dans le cadre d’un projet industrialisé, le  contrôleur technique va s’impliquer davantage en phase de conception pour s’assurer de  la faisabilité du projet, de la justification du mode constructif et détecter en amont en  temps les techniques non traditionnelles. 

En plus des missions “classiques” le contrôle technique va s’étendre du contrôle des ouvrages in situ à la vérification des produits en usine, de l’audit des processus industriels ou du système de qualité de fabrication. Lors des visites dans les usines ou les ateliers, le contrôleur technique va devoir vérifier les travaux de fondations, les  montages et le gros œuvre ainsi que réaliser des visites de réception et valider les essais finaux. Au fil des années, le métier de l’inspection tend vers l’AMO et le contrôle qualité. 

Les changements pour le coordonnateur SPS 

Le coordonnateur SPS doit adapter sa vision pour prendre en compte le risque  d’accidents maîtrisé en usine, la réduction de la phase chantier et le traitement particulier des livraisons et du mode de montage des modules. De plus, les interventions ultérieures  sur l’ouvrage sont mieux définies et mieux maîtrisées que dans un schéma traditionnel. 

La nécessité de l’évolution de l’arsenal réglementaire 

Les normes, les règles et les validations des techniques “non-traditionnelles” allongent les délais et peuvent complexifier l’aboutissement d’un projet. La France doit savoir innover par rapport au cadre réglementaire existant. Les concepts de mise en sécurité  des bâtiments doivent être remis à plat et les règles de l’art de tous les corps d’état  doivent être repensées autour d’un processus d’industrialisation de la construction. 

Comment BTP Consultants promeut la construction hors-site ? 

Conscient des atouts et du potentiel de la construction hors-site en France, BTP Consultants s’est très tôt positionné comme précurseur du contrôle technique pour ce  type de construction. Notre bureau de contrôle s’est organisé pour analyser et anticiper  les risques de non-conformité. Nous avons créé une direction dédiée aux projets hors site, formé un réseau national de collaborateurs capables de répondre aux spécificités de ces opérations, noué des partenariats avec des fabricants afin d’offrir des solutions clé en  main et également élaboré de nouvelles missions d’assistance destinées aux Maîtres  d’Ouvrage ou aux fabricants. 

À travers notre soutien au Campus Hors-Site lancé par Pascal CHAZAL et à travers  l’organisation de BTP Mornings sur le sujet dont le dernier s’est déroulé sous forme de webinaire (visionner le replay ici), nous nous engageons au quotidien pour la  démocratisation de la construction hors-site. 

 

Article signé Elia Abou Chaaya, Directeur D’Activité Hors-Site et Modulaire, BTP Consultants 

Consulter l’article précédent :  #4 – La construction Hors-Site au service de la 3ème révolution urbaine. 


           

Dossier soutenu par

Rector, Construction, Hors-Site

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