Après la présentation des arbitrages RE2020, certains acteurs restent sur leur faim

La concertation autour de la réglementation environnementale 2020, débutée en 2016 à l’occasion du lancement de l’expérimentation énergie-carbone, s’est achevée ce 22 octobre 2020, lors d’une séance plénière du Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique. L’administration s’active à présent à prendre ses dernières décisions, dont la fixation des fameux niveaux des seuils énergie et carbone, pour une probable publication des textes au premier trimestre 2021. Les acteurs sont-ils satisfaits de ce qui leur a été présenté ? Batiactu en a sollicité plusieurs pour récolter leur sentiment.

 

Des aspects salués par la profession

 

Plusieurs points positifs sont salués par les acteurs que nous avons pu joindre. Ainsi, tous se félicitent de la prise en compte du poids carbone des bâtiments, dans un contexte général de lutte contre le réchauffement climatique. L’instauration d’un seuil carbone progressif est remarquée, notamment par Cinov ingénierie qui a réagi par communiqué de presse, ce 26 octobre 2020. Cette décision est en effet cohérente avec “l’évolution de la décarbonation de l’activité de construction et de ses produits, ainsi que de l’énergie”, et va dans le sens d’un “accompagnement des filières et d’une acculturation progressive des acteurs à la RE2020”. Effinergie, tout en soutenant cette idée d’une exigence progressive, invite toutefois les pouvoirs publics à ne pas commettre l’erreur de la dérogation énergétique aux logements collectifs de la RT2012, fameux exemple où une dérogation s’était en réalité, au bout du compte, transformée en réglementation usuelle. “C’est un risque qui existe lorsque l’on fixe des seuils plus lointain dans le temps…”, rappelle Yann Dervyn auprès de Batiactu. Qui se félicite par ailleurs, dans la dimension énergétique, du “maintien des seuils des ponts thermiques RT2012 et de l’exigence d’étanchéité à l’air”.

 

 

L’intégration du confort d’été est également considérée comme une avancée importante, alors qu’elle constituait l’un des grands oublis de la réglementation thermique 2012, d’autant plus regrettable que l’on nous promet des températures de plus en plus élevées dans les décennies à venir. “Le moteur de calcul a pris en compte un certain nombre d’éléments passifs de rafraîchissement, et c’est bien d’enfin mettre ce sujet à la place qui lui revient”, se félicite ainsi Yann Dervyn. L’abandon de la notion de “climatisation fictive” a été bien perçu. “Ce qui figurait initialement dans le projet, à savoir une consommation estimée de climatisation fictive, était pour nous la pire des solutions pour apporter une réponse à un véritable problème”, observe Bernard Aulagne, président de l’association Coenove (secteur du gaz dans le bâtiment), auprès de Batiactu. “L’administration va proposer un dispositif plus mesuré, ce qui constitue une prise en compte de la concertation. Il faut dire que le système envisagé en premier lieu a presque fait l’unanimité contre lui.”

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